Frigos de supermarchés piratés : vos équipements connectés sont-ils exposés à Internet ?

Dans la nuit du 11 au 12 octobre, des installations de froid de supermarchés ont été prises en main à distance : vitrines et chambres froides réchauffées, produits frais jetés au petit matin. Le CERT-FR, le centre gouvernemental de veille et de réponse aux attaques informatiques, a publié une alerte dès le 12 octobre. Derrière ces faits spectaculaires se cache une erreur très répandue, bien au-delà de la grande distribution : des équipements pilotables depuis Internet, sans protection suffisante. Et chez vous ?

Ce qui s’est passé

Les faits, encore en cours d’analyse, ont été rapportés par plusieurs médias :

  • Dans la nuit du 11 au 12 octobre, de nombreux magasins ont vu leurs installations frigorifiques déréglées ; le bilan exact n’est pas établi officiellement, certains médias évoquant plusieurs centaines de magasins ;
  • Selon Tom’s Guide, les pirates ont modifié à distance la fonction de dégivrage des systèmes de régulation, faisant monter la température des vitrines et congélateurs, jusqu’à 50 °C selon certaines sources ;
  • Des denrées ont dû être jetées, la chaîne du froid ayant été rompue, comme le rapporte Solutions Numériques ;
  • La section cybercriminalité du parquet de Paris a annoncé l’ouverture d’une enquête.

Dans son alerte CERTFR-2026-ALE-012, le CERT-FR indique avoir connaissance de « nombreuses compromissions » de contrôleurs à distance d’installations de réfrigération : les séries Danfoss AK-SC et AK-SM, ainsi que les Dixell xweb et Copeland xweb, la liste ayant été complétée le 13 octobre. Il estime que des campagnes d’attaques sont probablement toujours en cours. Le directeur général de l’ANSSI a, de son côté, appelé à déconnecter ces équipements d’Internet sans attendre.

Une même cause : une interface d’administration ouverte sur Internet

Ces contrôleurs pilotent les températures et les cycles de dégivrage. Pour faciliter la télémaintenance, une partie d’entre eux était directement accessible depuis Internet. Or, le CERT-FR le rappelle : exposer une interface de gestion sur Internet est contraire aux bonnes pratiques.

D’après la presse spécialisée, certains des modèles visés ne reçoivent plus de mises à jour de sécurité, et d’autres, encore suivis par le constructeur, n’avaient pas reçu les correctifs disponibles. Le CERT-FR prévient qu’un équipement sans correctif, simplement remis en configuration d’usine, reste vulnérable s’il demeure exposé.

Vos équipements connectés sont-ils dans le même cas ?

Vous n’avez peut-être pas de chambre froide, mais votre entreprise compte sans doute des équipements du même genre, installés un jour avec un accès à distance puis oubliés :

  • La régulation : chauffage, climatisation, froid, gestion technique du bâtiment ;
  • Les alarmes et le contrôle d’accès ;
  • Les caméras et leurs enregistreurs ;
  • Les imprimantes et multifonctions, dont l’interface Web d’administration est parfois joignable de l’extérieur ;
  • Les NAS, ces serveurs de fichiers qui contiennent souvent vos données les plus précieuses.

Pour un attaquant, ces appareils sont faciles à repérer : des outils balaient Internet en permanence à la recherche d’interfaces connues. Un mot de passe par défaut ou un logiciel non mis à jour suffit alors à en prendre le contrôle.

Cinq vérifications à faire dès maintenant

  1. Faites l’inventaire de tous vos équipements connectés, y compris ceux installés par un prestataire extérieur ;
  2. Supprimez toute interface d’administration exposée : aucune redirection de port, aucune adresse IP publique ne doit mener directement à un équipement ;
  3. Passez la télémaintenance par un VPN sécurisé ou un réseau protégé, comme le recommandent les autorités, plutôt que par un accès direct ;
  4. Segmentez votre réseau pour isoler les équipements connectés de vos postes, de vos serveurs et de votre téléphonie ;
  5. Changez les mots de passe par défaut, appliquez les mises à jour et prévoyez le remplacement des équipements qui n’en reçoivent plus.

Vos prestataires de maintenance ont besoin d’accéder à vos équipements ? C’est légitime. La question n’est pas de couper cet accès, mais de le faire passer par une porte que vous contrôlez.

Un réseau qui ne laisse entrer que ce que vous avez décidé

Ces vérifications demandent une vue d’ensemble de votre réseau : c’est précisément ce que nous vous apportons.

Avec notre offre d’architecture réseau, tout commence par un audit : plan des locaux, câblage, équipements et configuration existante. Nous concevons ensuite une architecture fiable et sécurisée, avec des commutateurs et une segmentation du réseau qui séparent postes, téléphonie, invités et équipements connectés. Le réseau est ensuite documenté et supervisé : vous savez ce qui y est raccordé, et où.

À l’entrée de ce réseau, notre pare-feu contrôle ce qui entre et ce qui sort :

  • Le filtrage des connexions entrantes et sortantes, selon des règles adaptées à votre activité ;
  • La détection des intrusions, pour repérer et stopper les tentatives d’attaque ;
  • Les accès à distance sécurisés par VPN, pour vos collaborateurs comme pour vos sites ;
  • Le suivi : mises à jour de sécurité, supervision et adaptation des règles quand votre activité évolue.

Et pour une protection au quotidien, le Pack Sérénité réunit la maintenance de vos postes, serveurs et équipements réseau, leur supervision proactive et la cybersécurité de vos postes.

Savez-vous exactement ce qui, chez vous, est accessible depuis Internet ? Parlons-en : l’équipe vous aide à faire l’inventaire et à refermer les portes restées ouvertes.


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