Fraude par manipulation en hausse de 34 % : protégez la trésorerie de votre PME

Le 7 septembre 2026, l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement, présidé par la Banque de France, a publié son rapport annuel, le dixième. Bonne nouvelle : la fraude reste globalement maîtrisée. Mauvaise nouvelle : les escrocs ne cherchent plus seulement à pirater un compte, ils convainquent sa victime de faire le virement elle-même. Pour une PME, la parade passe d’abord par des procédures simples.

Une fraude stable en apparence, mais qui change de visage

Selon le rapport 2025 de l’Observatoire, la fraude aux moyens de paiement a atteint 1,241 milliard d’euros en 2025, en hausse de 3,8 % sur un an, alors que le nombre d’opérations frauduleuses a baissé de 7,6 %, à 7,2 millions.

Les moyens de paiement évoluent en sens contraire :

  • La carte voit son taux de fraude atteindre son plus bas niveau historique : 47 euros de fraude pour 100 000 euros de paiements ;
  • Le chèque recule, avec une fraude en baisse de 16 % ;
  • Le virement devient le moyen de paiement le plus fraudé : 485 millions d’euros, en hausse de 37 %, soit 39 % de la fraude en valeur, contre 30 % en 2024.

La manipulation, nouveau terrain de jeu des fraudeurs

Dans la fraude par manipulation, la victime trompée réalise ou valide elle-même l’opération. Elle a atteint 516 millions d’euros en 2025, en hausse de 34 %, et représente désormais 41,6 % de la fraude totale. Sa part a doublé en quatre ans. Les virements depuis la banque en ligne en concentrent l’essentiel, avec 376 millions d’euros, contre 244 millions un an plus tôt, comme le rappelle le communiqué de la Banque de France.

Trois scénarios concernent directement les entreprises :

  • Le faux conseiller bancaire, forme de manipulation la plus fréquente : un prétendu conseiller ou service antifraude appelle, crée l’urgence et fait valider des opérations « pour les annuler » ;
  • La fraude au président : l’escroc se fait passer pour un dirigeant et réclame un virement urgent et confidentiel vers un nouveau compte ;
  • La substitution d’IBAN, ou faux RIB : un faux fournisseur annonce un changement de coordonnées bancaires, et les règlements de vos factures partent vers le compte du fraudeur.

Pour la fraude au président et les faux ordres de virement, le rapport cite les données du ministère de l’Intérieur, établies selon une autre méthode : 640 affaires en 2025, pour 43 millions d’euros de préjudice, contre 36 millions en 2024. Moins d’affaires, mais un préjudice en hausse de 19 %.

Ce que prévoit l’Observatoire

L’Observatoire fixe quatre priorités :

  • Les télécoms : approfondir la coopération avec les opérateurs, notamment pour généraliser la sécurisation des numéros et protéger les lignes des banques ;
  • Le numérique : un plan de coopération avec les réseaux sociaux, les moteurs de recherche et les messageries ;
  • Les banques : renforcer en continu leurs outils de prévention, avec le partage de données et l’intelligence artificielle ;
  • Les utilisateurs : poursuivre la sensibilisation, avec une nouvelle campagne nationale d’ici la fin de l’année.

L’Observatoire rappelle aussi une règle d’or : une banque n’a jamais besoin de vous faire réaliser une opération pour bloquer un paiement suspect. Autre filet de sécurité, la vérification du bénéficiaire, obligatoire depuis le 9 octobre 2025, contrôle la concordance entre le nom et l’IBAN avant un virement. Elle ne couvre toutefois pas tous les virements, notamment internationaux ou en devises.

Les procédures qui protègent votre trésorerie

Les fraudeurs exploitent l’urgence et l’autorité : vos meilleures défenses sont des règles claires, qui s’appliquent même quand « c’est pressé ». La finance pour tous reprend les conseils de l’Observatoire, que nous traduisons ainsi pour une entreprise :

  1. Le contre-appel systématique : avant tout changement de RIB d’un fournisseur, rappelez-le sur un numéro déjà connu, jamais sur celui indiqué dans l’e-mail ou le courrier qui annonce le changement ;
  2. La double validation des virements : au-delà d’un montant défini, un virement ou l’ajout d’un nouveau bénéficiaire exige l’accord de deux personnes ;
  3. Aucune exception pour l’urgence ou la confidentialité : une demande « urgente et confidentielle » du dirigeant est justement le signal qui doit déclencher une vérification ;
  4. Des codes qui ne se partagent pas : aucun identifiant, mot de passe ou code de validation ne se communique, pas même à quelqu’un qui se présente comme votre banque ;
  5. Une liste de bénéficiaires revue régulièrement dans votre banque en ligne, pour repérer un ajout suspect.

Faites de ces règles une procédure écrite, présentée à chaque nouvel arrivant à la comptabilité ou à l’accueil. Un collaborateur qui ose dire « je vérifie et je vous rappelle » est votre meilleure protection.

Des messageries mieux protégées, des équipes mieux préparées

Un faux RIB ou une fausse demande du dirigeant arrive souvent par e-mail : message piégé, fausse page de connexion ou boîte aux lettres usurpée. Réduire cette porte d’entrée complète vos procédures.

Notre solution antivirus et antiphishing protège vos postes, vos serveurs et votre messagerie :

  • La protection de la messagerie contre les pièces jointes dangereuses et les tentatives d’hameçonnage ;
  • Des alertes traitées pour vous : nous vérifions régulièrement les alertes de sécurité et la suppression des menaces détectées ;
  • La sensibilisation de vos équipes aux bons réflexes, première ligne de défense, sur demande.

Cette protection fait partie de notre cybersécurité, incluse dans le Pack Sérénité, avec un pare-feu, la sauvegarde quotidienne de vos données dans le cloud et notre intervention en cas de cyberattaque pour la contenir et restaurer vos données.

Si vous utilisez Microsoft 365, nous en paramétrons aussi la sécurité : double authentification, règles d’accès et protection de la messagerie. Un compte protégé par un second facteur est bien plus difficile à détourner pour envoyer de faux RIB en votre nom.

Aucun outil ne remplace toutefois un contre-appel : c’est l’association des deux qui protège vraiment votre trésorerie.

En résumé

La fraude par manipulation s’attaque moins à vos systèmes qu’à vos habitudes : des règles simples, une messagerie protégée et des équipes sensibilisées font la différence. Vous souhaitez faire le point sur la protection de vos messageries et de vos postes ? Parlons-en : l’équipe vous aide à identifier les points à renforcer.


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