Plan de numérotation complexe sur un téléphone IP

Une des fonctionnalités de base que vous devez configurer sur votre serveur de téléphonie IPBX, c’est la possibilité pour vos utilisateurs de pouvoir passer des appels, en interne comme en externe. Nous allons ici nous attarder en particulier sur la configuration des appels passés vers l’extérieur et donc sur la prise en charge d’un plan de numérotation par l’IPBX. Pour faire simple, le plan de numérotation permet à votre serveur de gérer l’ensemble des destinations d’appel possibles.

Qui dit complet dit complexe

Il est bien sûr possible de mettre en place un plan de numérotation simple sur votre serveur, mais celui-ci ne prendra alors en compte qu’un nombre limité de destinations (par exemple, uniquement les numéros de téléphones fixes à 10 chiffres en France métropolitaine).

Malheureusement, les choses deviennent généralement très vite plus complexes pour plusieurs raisons :

  • D’abord, parce que les destinations sont nombreuses : il y a 239 indicatifs internationaux à prendre en compte pour que vos utilisateurs puissent appeler dans le monde entier (par exemple, l’indicatif international de la France est le « 33 ») ; pour complexifier un peu plus la chose, ces indicatifs doivent être précédés par une séquence d’accès spécifique qui diffère depuis le pays d’où vous la tapez (dans la plupart des pays, cette séquence d’accès est « 00 » ; mais aux États-Unis par exemple, c’est « 0 » ; depuis la Russie, c’est « 90 » ; ces séquences peuvent également être remplacées par le signe « + », utilisé généralement depuis un téléphone mobile) ;
  • Ensuite, parce qu’il faut prévoir les différentes méthodes de numérotation que vos utilisateurs vont utiliser ; par exemple, le numéro en France métropolitaine « 0 972 302 906 » peut être composé de plusieurs façons, toutes correctes : « 09 72 30 29 06 » (méthode classique d’un numéro à 10 chiffres français composé depuis la France métropolitaine), « 0033 9 72 30 29 06 » (format international étendu), « +33 9 72 30 29 06 » (format international simplifié), ou encore « +33 (0) 9 72 30 29 06 » (lorsque vous effectuez la numéro en Click2Call depuis Microsoft Office par exemple) ;
  • Enfin, parce qu’il vous faut gérer une multitude de cas particuliers ; en voici quelques uns, mais la liste n’est pas exhaustive : les numéros internes de vos utilisateurs, les pays qui disposent d’indicatifs locaux en complément des indicatifs internationaux (par exemple, les États-Unis ont un indicatif local différent pour chaque état), les destinations spécifiques à longueur variable (par exemple, le « 18 » pour les pompiers, le « 112 » pour les services d’urgence, le « 3669 » pour l’horloge parlante, ou encore le « 116000 » pour les enfants disparus), etc.

Si vous êtes opérateur inscrit auprès de l’ARCEP, vous avez une obligation légale d’acheminement des appels vers toutes les destinations existantes ; il faut donc prévoir et gérer tous les cas possibles.

Nous allons voir comment ces possibilités peuvent être gérées avec l’IPBX 3CX. On suppose ici qu’un seul trunk a été configuré sur l’IPBX ; nous verrons dans un autre article comment prendre en charge la tolérance de panne des trunks pour les appels externes.

Entrons dans le vif du sujet avec 3CX

Vous l’avez compris, la configuration de ce plan de numérotation peut être complexe. Par conséquent, commençons par quelques règles simples…

Tous les exemples donnés ci-dessous supposent que les appels sont passés depuis la France métropolitaine.

Configuration basique

Dans ce premier exemple, faisons au plus simple : nous confions au fournisseur du trunk la gestion des différents cas particuliers.

Il vous faut créer une nouvelle règle sortante :

Nouvelle règle simple de numérotationNommez la règle selon votre choix et spécifiez un champ d’application pour tous les numéros dont la longueur varie entre 5 et 20 chiffres (cas de la plupart des numéros externes). Il vous suffit ensuite de sélectionner le trunk à utiliser (dans l’exemple, il s’agit d’OVH).

Avec cette simple configuration, votre IPBX 3CX pourra acheminer des appels vers l’extérieur, mais aucun cas particulier ne sera géré, comme par exemple les numéros courts à 4 chiffres ou les numéros au format international simplifié (avec le signe « + »).

Gestion de quelques cas spécifiques

Étudions à présent la prise en compte de trois cas particuliers : l’intégration des numéros courts à 4 chiffres dans le plan de numérotation, la prise en charge des numéros au format international simplifié et la volonté de transformer tous les numéros tapés au format international étendu (afin d’obtenir une homogénéité dans les journaux d’appels).

Prise en charge des numéros courts à 4 chiffres

Prise en charge des numéros courts à 4 chiffresC’est la règle la plus simple, mais c’est un cas particulier car les numéros courts à 4 chiffres ne peuvent être passés que depuis et vers la France métropolitaine ; il est donc impossible de transcrire ces numéros au format international étendu.

Après avoir créé une nouvelle règle, délimitez simplement son champ d’application aux numéros dont la longueur fait strictement 4 chiffres et sélectionnez votre fournisseur de trunk choisi dans la liste déroulante (toujours OVH dans l’exemple).

Prise en charge des numéros au format international simplifié

Pour mémoire, le format international simplifié, c’est lorsque vous tapez un numéro international en remplaçant la séquence d’accès spécifique par le signe « + » (par exemple, « 0033 9 72 30 29 06 » devient « +33 9 72 30 29 06 ») ; cette méthode est couramment utilisée depuis les mobiles, donc vos utilisateurs auront tendance à l’utiliser également depuis leurs fixes, en particulier en mode CTI s’ils numérotent depuis un ordinateur.

En fait, lorsque vous saisissez le numéro « +33 9 72 30 29 06 », le signe « + » va automatiquement être ignoré par le système et le numéro va donc se transformer en « 33 9 72 30 29 06 » qui n’est pas un numéro valide et aboutira donc sur un échec d’appel si vous le laissez tel quel.

L’idée est de transformer « 33 9 72 30 29 06 » en « 0033 9 72 30 29 06 », autrement dit de translater le numéro vers le format international étendu.

Prise en charge des numéros au format international simplifiéCommencez d’abord par spécifier le champ d’application de cette nouvelle règle. Pour cela, il faut savoir que tous les indicatifs internationaux commencent toujours par un chiffre allant de « 1 » à « 9 » et jamais par « 0 ». Ainsi, le champ d’application de la règle portera sur tous les numéro dont le premier chiffre varie de « 1 » à « 9 ».

Une fois ces numéros identifiés par le champ d’application, on remarque que pour transformer « 33 9 72 30 29 06 » en « 0033 9 72 30 29 06 », il faut rajouter « 00 » devant. Pour mémoire, « 00 » est la séquence d’accès utilisée dans la plupart des pays du monde… mais pas tous (cette règle ne fonctionnera donc pas pour des appels émis vers des trunks russes par exemple, où la séquence d’accès est « 90 »).

Conversion des numéros nationaux vers le format international étendu

L’idée est ici d’harmoniser les journaux d’appel, de façon à ce que tous les numéros enregistrés le soient au format international étendu, c’est à dire « [séquence d’accès] [indicatif international] [numéro local] » (par exemple, « 09 72 30 29 06 » devient « 0033 9 72 30 29 06 »).

Conversion des numéros nationaux vers le format international étenduPremière étape donc : définir un champ d’application pour ces appels. Pour la France métropolitaine, il s’agit des appels dont la longueur fait 10 chiffres et qui commencent par « 01 », « 02 », « 03 », « 04 », « 05 », « 06 », « 07 », « 08 » et « 09 ».

Le principe pour convertir « 09 72 30 29 06 » en « 0033 9 72 30 29 06 » est de supprimer le premier « 0 » d’abord (autrement dit, dans la configuration de 3CX, on retire 1 chiffre initial), puis de rajouter le préfixe « 0033 » ensuite.

De l’importance de l’ordre d’application des règles sortantes

Une fois toutes ces règles créées, la dernière étape consiste à définir l’ordre dans lequel ces règles doivent être appliquées. Le principe consiste à appliquer d’abord les règles les plus restrictives en terme de longueur de numéro, puis ensuite les plus générales.

De l'importance de l'ordre d'application des règles sortantesDans l’exemple, la première règle est la plus spécifique puisqu’elle ne concerne que les numéros courts à 4 chiffres non transformés au format international étendu ; la seconde règle est moins spécifique, puisqu’elle concerne tous les numéro précédés du signe « + » à transformer au format international étendu ; la troisième règle est encore moins spécifique, puisqu’elle porte sur les numéros à 10 chiffres en France à translater au format international étendu ; et enfin la dernière règle est la plus générale, puisqu’elle concerne tous les autres numéros non identifiés par les trois autres règles précédentes.

Derniers cas particuliers

En tant qu’opérateur déclaré auprès de l’ARCEP, vous avez une obligation d’acheminement des numéros d’urgence. Par exemple, lorsque vos utilisateurs appellent le « 17 », vous avez l’obligation de rediriger l’appel vers le commissariat géographiquement le plus proche du lieu de l’appel.

Voici les numéros d’urgence dont vous devez garantir un acheminement spécifique :

  • Samu : 15 ;
  • Police : 17 ;
  • Pompiers : 18 ;
  • Services d’urgence européens : 112 ;
  • Centre des personnes sourdes et malentendantes : 114 (seuls les SMS et les télécopies sont à acheminer) ;
  • Samu social : 115 ;
  • Enfance maltraitée : 119 ;
  • Secours maritimes : 196 ;
  • Enfants disparus : 116000.

Vous l’avez compris, cet article ne couvre que quelques cas d’un plan de numérotation complexe. Si vous avez des questions ou des besoins spécifiques, n’hésitez pas à nous en faire part dans les commentaires.