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Acteurs du marché de l’impression

Aujourd’hui, une dizaine d’acteurs se disputent le secteur de l’impression, sans qu’un état de situation dominante ou monopolistique ne soit apparu chez l’un d’eux.

Ces acteurs peuvent toutefois être classés en deux catégories : on y trouve de grands constructeurs, pour lesquels l’impression est l’activité principale — on peut, par exemple, citer ici Xerox, Canon, Konica Minolta, OKI, Ricoh ou encore Lexmark — et des constructeurs intermédiaires, chez qui l’impression est une activité essentielle mais non prépondérante comparativement aux autres activités de l’entreprise — comme Samsung, Sharp, Kyocera, Hewlett-Packard, Epson ou encore Toshiba.

Il s’agit donc d’un marché hautement concurrentiel, contraignant les différents acteurs qui le composent, quelle que soit leur taille, à une permanente remise en question et adaptation de leurs offres aux besoins de leurs clients, que ces derniers soient professionnels ou particuliers.

Sur les quarante dernières années, c’est également un marché en croissance continue de 400 % que se partagent ces différents acteurs.

Depuis 2014, Quocirca, entreprise de recherche et d’analyse axée sur le marché européen, publie une étude appelée Managed Print Services Landscape, dans laquelle le positionnement des différents leaders du marché de l’impression est examiné.

Positionnement des acteurs des services d’impression supervisés en 2014

Positionnement des acteurs des services d’impression supervisés en 2014

Le graphique précédant, présentant la place, en 2014, des différents constructeurs évoqués précédemment, permet de constater que l’un des protagonistes, Xerox, se détachait alors clairement, tandis que tous les autres constructeurs accusaient un positionnement commercial échelonné.

En 2017, comme le montre le graphique qui suit, la situation a évolué : Xerox fait désormais jeu égal avec Hewlett-Packard, Ricoh et Lexmark aux niveaux de la pénétration du marché et de la richesse de l’offre. Les autres constructeurs, moins, performants, se détachent de plus en plus du quatuor de tête.

Positionnement des acteurs des services d’impression supervisés en 2017

Positionnement des acteurs des services d’impression supervisés en 2017

Impact des impressions

Dans le secteur de l’impression, un organisme indépendant fait souvent référence en la matière ; il s’agit du SNESSII — le Syndicat National des Entreprises de Solutions et Systèmes d’Information et d’Impression. Le SNESSII regroupe treize acteurs majeurs du monde de l’impression et a pour mission de fournir à chacun d’eux des ressources pour optimiser leurs activités des points de vue logistique, humain, marketing et financier, ainsi que défendre leurs intérêts face aux évolutions règlementaires.

Régulièrement, le SNESSII rend également publiques de nombreuses statistiques relatives aux entreprises qui le composent.

Ainsi, à la lecture des différents indicateurs publiés par l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie), nous apprenons par exemple que, dans le monde, c’est une moyenne de 75 kg de papier qui sont consommés par chaque salarié annuellement (dans tous les secteurs confondus et quel que soit l’Indicatif de Développement Humain des pays).

Il est logique que la consommation de papier augmente avec la croissance de l’économie mondiale, et spécifiquement avec celle des pays émergents, mais, malheureusement, on constate également une explosion du gaspillage de papier, imprimé inconsidérément et de façon irresponsable.

L’institut Gartner a mené des études à ce sujet. Celles-ci ont permis d’apprendre que, chaque année dans le monde, 32 milliards de feuilles sont imprimées correctement, mais finalement oubliées sur le bac de sortie de l’imprimante par l’utilisateur ayant pourtant lancé l’impression ; 32 milliards de feuilles en pure perte, destinées à une destruction certaine sans jamais avoir été fonctionnellement utilisées. Cette quantité déroutante représente 10 % de l’ensemble des impressions effectuées annuellement.

Il arrive également qu’un utilisateur aille correctement récupérer ses copies, mais ne les lise finalement jamais. Là encore, c’est une pure perte économique et écologique pour 63 milliards de feuilles chaque année, soit 20 % de toutes les impressions effectuées.

Ainsi, 100 milliards d’impressions sont réalisées annuellement sans motif ou par erreur, et sont détruites (ou recyclées, lorsque cela est possible) ; rien qu’en France, ces épreuves perdues représentent un budget de plus de 400 millions d’euros, avec leur corollaire de gâchis énergétique et écologique.

Impact économique

Évidemment, les entreprises, le plus souvent plus motivées par des arguments économiques qu’écologiques, prennent pleinement conscience de la perte sèche occasionnée par ces gaspillages ; la consommation de papier et de ressources liées au domaine de l’impression devient, de fait, un enjeu primordial.

Bon nombre d’entreprises disposent encore d’imprimantes jet d’encre, dont la répartition est individualisée chez les utilisateurs. Or, l’encre noire utilisée dans ce type d’imprimante est 49 fois plus coûteuse que celle utilisée dans un stylo, soit un prix au litre variant entre 800 et 2 500 €.

Alors que son utilisation est aujourd’hui très courante, l’encre reste, en soit, un produit de luxe, dont le prix unitaire au litre est supérieur à celui d’un grand champagne ou d’une très bonne bouteille de vin.

Enfin, le gaspillage financier est d’autant plus marqué avec les impressions couleur, puisque celles-ci sont, en moyenne, huit fois plus coûteuses que leurs équivalences en noir et blanc.

Impact environnemental

Outre leur désavantage économique avéré, les impressions portent un poids écologique lourd.

D’une part, parce que l’encre présente un impact environnemental particulièrement important, et cela à tous les stades de sa fabrication ou de son utilisation.

Dès son élaboration, des produits chimiques et toxiques sont utilisés, favorisant la présence de métaux lourds comme le cadmium, le plomb, le mercure ou le chrome hexavalent. Sa production implique, en outre, un recours important à l’électricité, dont l’empreinte carbone varie beaucoup selon que son origine est nucléaire, hydroélectrique ou thermique, ainsi qu’au pétrole, puisque 3,5 litres sont, par exemple, nécessaires pour fabriquer une cartouche standard pour imprimante laser.

Lorsque l’encre est projetée vers une feuille, de fines particules ne se fixent pas correctement sur le papier et sont vaporisées dans l’air ambiant. Il s’agit des COV (Composés Organiques Volatils), dont l’impact direct sur la santé est désormais établi, et entraîne, par exemple, l’apparition de leucémies et de cancers, touchant plus particulièrement le foie, les systèmes nerveux et cardiaque.

Par ailleurs, il est vrai que la phase d’élimination d’une cartouche d’encre ne génère pas de pollution en soit, car le recyclage des différents éléments qui la composent, y compris l’encre résiduelle, est désormais parfaitement maîtrisé. Toutefois, des recherches se poursuivent toujours, notamment dans le but de favoriser l’utilisation des encres végétales, beaucoup plus simples et économiques à réutiliser. Enfin, la masse des déchets, notamment liés au suremballage des cartouches (films, sachets, et autres cartonnages ou protections plastiques), occasionne un impact conséquent sur la phase de recyclage, et appelle donc une réflexion quant à l’utilité de ces contenants imbriqués, trop nombreux.

Chaque seconde, dans le monde, 54 cartouches d’encre neuves sont produites ; c’est dire si leur impact environnemental peut potentiellement être lourd, s’il n’est pas suffisamment maîtrisé.

D’autre part, les procédés de fabrication du papier sont, eux aussi, très polluants à bien des égards.

En effet, pour produire du papier, qu’il s’agisse d’une fabrication initiale ou recyclée, il faut beaucoup d’électricité et d’eau : l’industrie papetière est ainsi la cinquième consommatrice d’électricité dans le monde (4 % de la consommation mondiale) et pour fabriquer un seul kilogramme de papier, il faut utiliser 500 litres d’eau. Les rejets sont également importants : eau fortement polluée, chargée en produits chimiques, et divers gaz à effet de serre, en particulier du dioxyde de carbone et du méthane, à hauteur de 100 millions de tonnes par an. L’impact écologique résultant est énorme, et d’autant plus fort, bien sûr, à proximité des usines de production situées dans des pays dont les normes environnementales sont moins exigeantes. Par ailleurs, cela entraîne également des rejets de gaz à effet de serre indirects ; en effet, grâce à la photosynthèse, les arbres captent une très grande partie du dioxyde de carbone présent dans l’atmosphère, mais lorsqu’un arbre est abattu, celui-ci rejette une partie du gaz qu’il avait emmagasiné durant son existence mais qui n’avait pas encore été photosynthétisé en carbone et en dioxygène ; ce phénomène est responsable de 15 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre (CNRS, Usages : Consommations industrielles).

Il est toutefois à noter que la fabrication de papier recyclé permet de diminuer cet impact écologique, sans pour autant l’éliminer (d’autant plus que la pâte à papier classique, issue de fibres de cellulose, entre également en jeu dans la fabrication du papier recyclé).

L’essentiel du papier utilisé est produit à partir de fibres de cellulose qui proviennent du bois, lui-même issu des chutes d’activités de scieries ou bien de coupes de bois d’éclaircies dans les forêts : aujourd’hui, 40 % de l’exploitation forestière est destinée à la production papetière, soit 18 millions d’arbres rasés chaque année, ce qui équivaut à la surface de 20 terrains de football coupés chaque minute.

Ces fibres peuvent également provenir de papiers de récupération ; si ceux-ci contiennent encore au moins 50 % de fibres de cellulose — cette proportion diminuant à chaque recyclage — il sera possible de les réutiliser pour fabriquer du papier recyclé neuf. Toutefois, cette contrainte a des conséquences sur les destinations du papier recyclé ; en effet, selon le Groupement Français des Papetiers Utilisateurs de Papiers Recyclés (REVIPAP), seuls 21 % des papiers d’impression utilisés par les entreprises sous forme de ramette sont issus du recyclage, alors que cette proportion dépasse les 95 % dans le secteur du papier journal, qui nécessite une qualité moindre. Le papier n’est donc pas une ressource qui peut être indéfiniment recyclée : huit fois au maximum, avant que les fibres ne se décomposent excessivement et que leur concentration ne devienne trop faible.

Après utilisation, la moitié des papiers consommés sont acheminés vers une filière de recyclage ; l’autre moitié n’étant simplement pas recyclable, du fait d’un taux de fibres de cellulose trop faible. Cette proportion n’est toutefois pas valable dans le domaine du papier de bureau, où seuls 25 % de celui initialement consommé part en recyclage, une partie importante du papier consommé demeurant au sein de l’entreprise pour constituer l’archivage. Cependant, les 25 % récupérés permettent d’obtenir une très bonne qualité de papier recyclé, car ceux-ci sont majoritairement constitués de papier blanc chargé en fibre de cellulose.

Une fois que le papier n’est plus recyclable, il doit être détruit (incinération ou enfouissement). D’après une agence de protection environnementale aux États-Unis (EPA), en 2013, le papier et le carton abandonnés, destinés à la destruction, représentaient 27 % de la masse totale des déchets solides issus des ménages et, de ce fait, en étaient la première constituante, suivis des déchets alimentaires (14,6 %) puis des résidus de jardin (13,5 %).

Unifier pour mieux gérer

Depuis déjà de nombreuses années, les entreprises ont pris l’habitude de louer les matériels d’impression plutôt que de les acheter, les contrats de location conclus courant sur des durées prédéfinies, allant de trois à cinq ans.

Par le passé, les services informatiques des entreprises procédaient au renouvellement des matériels au fil des amortissements comptables et ne remplaçaient donc pas l’intégralité du parc simultanément. Cela posait divers problèmes pour que la DSI effectue correctement des tâches d’administration, comme synchroniser les mises à jour des pilotes sur les postes des utilisateurs, ou encore gérer correctement les approvisionnements des consommables chez divers fournisseurs.

Mais cet état de fait tend à disparaître. En effet, la tendance est de plus en plus à l’unification du parc d’impression, du point de vue des marques bien sûr, mais également de celui des modèles. Parvenir à cet objectif implique donc que les dates d’échéances des contrats de locations de tous les matériels qui constituent le parc soient synchronisées.

Les avantages pour l’entreprise sont nombreux : meilleure marge de négociation lors du renouvellement du contrat de location global, facilité de formation et d’apprentissage pour les utilisateurs du fait de l’unicité des méthodes d’utilisation des matériels, ou encore économies d’échelle concernant la prise en charge du support technique.

Toutefois, même si la finalité semble simple — unifier les marques des modèles d’équipements — la tâche se révèle généralement complexe pour les entreprises.

Bien souvent, ce type de changement doit préalablement se préparer avec un audit complet de l’écosystème d’impression actuel. Habituellement réalisé par les constructeurs de copieurs ou par des sociétés de service spécialisées dans l’impression, cet audit est destiné à analyser les habitudes de travail des collaborateurs de l’entreprise d’une part, et à visualiser le fonctionnement de chacun des services par ailleurs, de façon à faciliter la migration globale vers de nouveaux périphériques d’impression, migration qui implique parfois l’adoption de nouvelles méthodes de travail pour les utilisateurs.

Au-delà de son objectif de fluidification et d’accompagnement du changement, cet audit est également destiné à réduire le nombre de périphériques présents dans l’entreprise lors du renouvellement, sans pour autant générer de frustration chez les utilisateurs. L’équation est simple : moins de périphériques d’impression, c’est la possibilité de baisser également les coûts de maintenance et d’achat de consommables.

Afin de procéder à ces audits, et notamment pour vérifier si les périphériques existants sont correctement dimensionnés pour répondre aux besoins, on a recours à des logiciels permettant d’avoir des remontées statistiques de l’utilisation du parc d’impression.

Dans ce domaine, l’entreprise française Bluemega, éditrice du logiciel KPAX Manage, fait office de référence en la matière.

Ce logiciel fonctionne en mode client-serveur, la partie cliente devant être installée sur un ordinateur présent au sein de l’entreprise, alors que la partie serveur est directement gérée et hébergée par Bluemega, permettant ainsi un déploiement très simple et rapide, comme l’illustre le schéma suivant.

Schéma de fonctionnement théorique de la solution KPAX Manage

Schéma de fonctionnement théorique de la solution KPAX Manage

Une fois fonctionnel, le système procède à un inventaire de l’ensemble des réseaux auxquels il a accès chez le client, ce qui lui permet de détecter automatiquement les périphériques d’impression. Débute ensuite une minutieuse collecte de nombreux éléments de configuration et d’utilisation, qui permettront ensuite de créer un schéma statistique de l’utilisation du parc d’impression : les marques et modèles des imprimantes sont automatiquement répertoriés, les numéros de série, les erreurs rencontrées, les différents compteurs de numérisation, de copie et d’impression, etc.

Une fois toutes les données collectées par le logiciel client, celles-ci sont transmises, par le biais d’un accès Internet, à l’éditeur, qui les centralise, les analyse, les formalise, les interprète, et les rend accessibles depuis une interface intuitive.

Partager, c’est économiser

Il y a quelques années, la logique des entreprises lorsqu’elles s’équipaient en matériels d’impression était celle de l’individualisation : un matériel par bureau au minimum, voire parfois un par utilisateur.

Cette logique équipementière est maintenant caduque.

Désormais, l’objectif est la réduction du nombre d’imprimantes individuelles.

Pour y parvenir, les entreprises investissent sur des équipements à plus gros volumes, mais en les mutualisant par service ou par étage.

Dans les entreprises qui n’ont pas encore procédé à cette nouvelle répartition, on constate en moyenne la présence d’une imprimante pour six collaborateurs, alors que dans celles qui ont appliqué une redistribution du parc, cette densité est tombée à une imprimante — généralement de type copieur multifonction — pour trente utilisateurs.

Cependant, même s’il faut mutualiser et centraliser, il ne s’agit pas de diminuer à outrance le nombre de périphériques. Certaines machines pourraient alors devenir des goulots d’étranglement empêchant de respecter les niveaux de service attendus par les utilisateurs et l’entreprise. Selon l’activité, il s’agira de trouver un bon ratio entre le nombre de périphériques d’impression et le nombre d’employés utilisant des outils bureautiques.

La mutualisation des périphériques s’accorde également avec l’harmonisation des matériels quant à la simplification de la gestion quotidienne. En effet, elle permet la diminution des stocks de consommables (moins de variété dans les types de toners) tout en ayant la possibilité de jouer sur les volumes pour diminuer les coûts lors des achats, de se soucier au minimum des problèmes de drivers ou encore de pouvoir facilement remplacer une imprimante par une autre en cas de panne.

Les matériels de type multifonctions sont également plus performants que des périphériques individuels. Ils intègrent les dernières technologies sur le plan de l’économie d’énergie (et de mise en veille automatique), ainsi qu’en matière d’administration. D’après Claude Espinas, directeur commercial des solutions d’impression chez HP France : “via le réseau, 20 à 25 % des pannes peuvent désormais être traitées à distance” (BFM BUSINESS, Pierre LANDRY, 2008).

Gestes utiles

Agir sur les types de périphériques ou leur densité est déjà une bonne solution pour optimiser les politiques d’impression de l’entreprise. Mais pour un nombre croissant de sociétés, cela reste insuffisant.

Pour continuer à améliorer davantage l’écolonomie — terme vulgarisé par Emmanuel Druon dans son ouvrage Écolonomie : entreprendre sans détruire, présentant le concept d’un développement alliant intérêts économiques et écologiques — de leur fonctionnement, les entreprises ont compris que, plus que les matériels d’impression, ce sont les habitudes des utilisateurs qu’il faut changer.

Il est, par exemple, souvent question d’imprimer en noir et blanc, car ce mode est huit fois moins coûteux que la couleur, ou encore de favoriser l’impression recto-verso, deux fois plus économe en papier qu’une impression en recto simple.

Tous les constructeurs proposent également l’impression en “mode brouillon”, une fonctionnalité destinée à diminuer la quantité d’encre utilisée pour imprimer, au dépend de la qualité, afin de rallonger la durée de vie des consommables.

Enfin, les politiques d’impression mises en place de nos jours tendent également à responsabiliser les utilisateurs sur les éléments déclencheurs de leurs impressions. Par exemple, bon nombre de collaborateurs ont encore trop souvent le réflexe d’imprimer un document sans l’avoir entièrement parcouru au préalable sur leur écran, multipliant de fait les risques d’imprimer des pages finalement inutiles.

Optimisations économiques

Concomitamment, l’évolution des politiques d’impression actuelles vise à annihiler l’automatisme des utilisateurs qui lancent un tirage sans avoir, au préalable, validé son utilité, ni sélectionné les options les plus adéquates.

Heureusement, des solutions existent désormais pour optimiser une impression lorsque celle-ci est justifiée.

Comme indiqué précédemment, il existe chez tous les constructeurs le “mode brouillon”, permettant de diminuer la quantité d’encre utilisée, au dépend de la qualité d’impression.

Mais il existe également d’autres possibilités, davantage méconnues.

Au nombre de celles-ci, il y a par exemple le changement de la police de caractères.

En effet, une majeure partie de la population utilise la suite logicielle Microsoft Office pour éditer des documents. Or celle-ci a, par défaut, adopté la police Arial en taille 11 points. Dans une entreprise moyenne (estimation basée sur une consommation moyenne de 250 pages par semaine, imprimées avec un toner dont le rendement est réputé à 2 500 pages par cartouche), l’utilisation de cette police avec cette taille engendre un coût annuel d’environ 537 €, contrairement à la police Century Gothic dont le coût ne représente que 407 €. La dernière place revient à la police Franklin Gothic qui coûte annuellement 615 €, soit un écart de 32 % entre les polices la plus et la moins coûteuse, comme le présente le graphique ci-après.

Coût d’impression en fonction de la police utilisée et taux de couverture de la surface d’une page A4

Coût d’impression en fonction de la police utilisée et taux de couverture de la surface d’une page A4

Ces indicateurs restent toutefois à relativiser.

En effet, bien que la police Century Gothic soit l’une des plus économiques en encre, elle s’avère plus consommatrice en papier : en cause, sa chasse — c’est à dire la largeur moyenne d’un caractère — plus importante que celle des polices Arial, Calibri ou Times New Roman.

Toutefois, certaines polices comme Ecofont présentent des caractéristiques optimales, tant sur le plan de l’utilisation d’encre que sur celui de largeur de chasse moyenne.

Achats intelligents

L’acquisition de périphériques d’impression s’effectue, aujourd’hui, selon deux canaux distincts.

D’une part, ceux-ci peuvent être achetés directement. Ce mode d’acquisition est surtout pratiqué dans le cas des imprimantes et constitue une dépense en capital, créant des problématiques de trésorerie et d’amortissement du matériel. Dans ce cas, les consommables sont généralement achetés au fil des besoins, mais le processus de commande peut parfois s’avérer fastidieux, notamment lorsque le parc est hétérogène et que les modèles de consommables différents sont nombreux, obligeant l’entreprise à multiplier les contacts auprès de plusieurs grossistes. Dans ce contexte, un suivi performant des coûts de fonctionnement est quasi-impossible à réaliser.

Par ailleurs, nombreuses sont les sociétés qui continuent à utiliser des imprimantes achetées il y a plus de cinq ans. Or, les périphériques d’impression comportent de nombreuses pièces mécaniques, ce qui accentue le risque d’obsolescence programmée à l’issue de leur cinquième année de vie. Les périphériques de plus de cinq ans ont donc un risque de panne particulièrement élevé, ce qui augmente de fait les coûts de maintenance, et diminue d’autant la productivité.

D’autre part, les périphériques d’impression peuvent être loués. Particulièrement pratiqué dans le cas des copieurs, ce mode de fonctionnement permet d’intégrer ces acquisitions dans les dépenses de fonctionnement, et non plus dans celles d’investissement.

Dans le cas de la location de matériel, la tarification est envisagée selon le critère du coût par page, incluant les fournitures, les consommables, le service et, souvent, l’assistance.